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REM et développement immobilier à Longueuil : quels en sont les impacts ?

Le prolongement du REM et une vague de projets immobiliers majeurs vont transformer Longueuil en un immense chantier à ciel ouvert d’ici la fin de la décennie. Entre le futur tracé sur le boulevard Taschereau, le quartier Longue-Rive et les tours du centre-ville, on parle de plusieurs milliards de dollars d’investissements et de milliers de travailleurs mobilisés. Pour les entrepreneurs et gestionnaires de projets de la Rive-Sud, comprendre l’ampleur de ce qui s’en vient devient un enjeu stratégique.

L’essentiel à retenir

  • Le prolongement du REM à Longueuil et plusieurs projets immobiliers majeurs (Longue-Rive, Roland-Therrien, tours au centre-ville) vont mobiliser des milliers de travailleurs de la construction dès 2026 et jusqu’en 2041.
  • Le seul projet Longue-Rive prévoit près de 5 500 logements sur 10 à 15 ans, dont environ 1 055 unités confiées à Maisons Canada.
  • Le développement immobilier à Longueuil s’annonce concentré autour des pôles de transport collectif, ce qui accentue la pression sur les corps de métier de structure, d’enveloppe et de finition.
  • Dans un contexte où la CCQ prévoit 17 000 recrutements par année en construction d’ici 2030, les entrepreneurs devront sécuriser leurs équipes bien en amont.

Longueuil, un pôle de transport en pleine transformation

Le prolongement du REM représente le premier investissement structurant en transport collectif à Longueuil depuis la construction de la station de métro Longueuil-Université-de-Sherbrooke, il y a près de 60 ans. Ce projet redessine tout le développement urbain de la ville autour de nouveaux pôles multimodaux, avec des retombées directes sur l’activité de construction.

Le tracé actuellement à l’étude prévoit une connexion entre la station Panama à Brossard et la station de métro Longueuil-Université-de-Sherbrooke, en passant par le cégep Édouard-Montpetit, essentiellement dans l’axe du boulevard Taschereau. Les discussions récentes portent sur l’intégration urbaine : structures aériennes sur Taschereau, au sol dans le Vieux-Longueuil pour préserver le caractère patrimonial du secteur.

Un projet REM qui redessine le centre-ville

À plus long terme, le gouvernement du Québec a annoncé son intention de prolonger le REM d’est en ouest sur la Rive-Sud, de Boucherville à Châteauguay. Ces annonces s’accompagnent d’un discours clair de la mairesse Catherine Fournier sur la volonté de repenser le boulevard Taschereau autour du verdissement et de nouveaux milieux de vie. Autrement dit, le REM n’arrive pas seul : il vient avec toute une requalification urbaine du secteur.

Le projet Longue-Rive : près de 5 500 logements sur 15 ans

Le projet Longue-Rive, aussi connu comme la Pointe de Longueuil, prévoit à lui seul près de 5 500 nouveaux logements sur un site de 23 hectares situé entre le fleuve Saint-Laurent et l’autoroute 132. Il s’agit du plus important projet résidentiel à venir sur le territoire de Longueuil, avec un développement échelonné jusqu’aux environs de 2036-2041. C’est un flux de travail structurant pour les corps de métier de la construction résidentielle sur plus d’une décennie.

Le site représente environ 2,5 millions de pieds carrés, soit l’équivalent de 43 terrains de football, et fait partie des derniers grands terrains stratégiques disponibles en ville. Le concept prévoit qu’au moins 20 % des logements soient à but non lucratif, avec en complément des commerces de proximité, une école, une promenade riveraine et plus de 30 % d’espaces verts (source : Ville de Longueuil).

Maisons Canada entre en jeu

En décembre 2025, un appel de qualifications a été lancé au nom de Maisons Canada pour construire environ 1 055 unités résidentielles à la Pointe-de-Longueuil

Cette agence fédérale adopte une approche de « construction directe » pour superviser elle-même la construction de logements à marché mixte. Concrètement, ce sont plus d’un millier d’unités qui vont mobiliser des équipes de construction avant la fin de la décennie.

D’autres chantiers majeurs qui se concrétisent en 2026

Plusieurs projets résidentiels et mixtes de grande envergure sont annoncés ou en démarrage à Longueuil, tous concentrés dans un périmètre restreint autour des pôles de transport collectif existants et futurs. La conséquence : les besoins en main-d’œuvre vont se cumuler simultanément dès 2026-2028.

Sur le boulevard Roland-Therrien, dans l’arrondissement du Vieux-Longueuil, un projet de 525 logements locatifs représentant un investissement de 200 M$ doit lever de terre en 2026, porté par Groupe HD, Capital Property Developments et Kastello. Le site couvre plus de 450 000 pieds carrés constructibles et s’inscrit dans le Programme particulier d’urbanisme de la Ville (source : Portail Constructo). D’autres projets résidentiels sont également en cours d’approbation dans le même secteur, contribuant à faire du pôle Roland-Therrien l’un des foyers actifs de densification de Longueuil.

Au centre-ville, le Groupe Devimco poursuit son projet de 1,6 million de pieds carrés dévoilé il y a quelques années, avec plusieurs tours mixtes érigées à proximité de la place Charles-Le Moyne et de la station de métro Longueuil (source : Journal Métro). Le tout s’inscrit dans une logique de Transit-Oriented Development (TOD), où les nouveaux immeubles se greffent aux nœuds de transport en commun. 

Le TOD comme fil conducteur

Cette concentration autour des pôles de transport n’est pas un hasard : elle correspond à la vision urbaine adoptée dans le Programme particulier d’urbanisme (PPU) du centre-ville de Longueuil, adopté en 2021. Elle produit toutefois un effet cumulatif sur les chantiers : densification rapide, simultanée, dans un périmètre restreint. Autrement dit, ce sont les mêmes corps de métier qui vont être sollicités par plusieurs promoteurs en même temps.

Des besoins massifs en main-d’œuvre de la construction

Ces projets vont mobiliser en priorité les corps de métier les plus recherchés au Québec : manœuvres, charpentiers-menuisiers, coffreurs, ferrailleurs, grutiers, électriciens, plombiers et poseurs de systèmes intérieurs. Or, le contexte de la main-d’œuvre est déjà tendu à l’échelle provinciale. 

Selon la Commission de la construction du Québec (CCQ), l’industrie prévoit 220 millions d’heures travaillées en moyenne par année pour la période 2026-2030, avec un effectif de plus de 200 000 travailleurs à mobiliser annuellement (source : CCQ, Perspectives professionnelles 2026-2030). Pour tenir la cadence, il faudra recruter en moyenne 17 000 nouveaux travailleurs par année à l’échelle provinciale. Longueuil et la Rive-Sud vont naturellement puiser dans ce bassin.

Le secteur résidentiel, principalement concerné par les projets de Longueuil, est particulièrement en pointe : la CCQ anticipe une croissance d’environ 3 % des heures travaillées dans le résidentiel en 2026, portée par la reprise des mises en chantier. L’effet cumulatif est amplifié par la concurrence des autres grands projets du Grand Montréal (prolongement de la ligne bleue du métro, réfection du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, chantiers d’Hydro-Québec, projets du Plan québécois des infrastructures 2025-2035), qui aspirent la même main-d’œuvre.

Un défi particulièrement aigu pour la structure et le gros œuvre

Les premières phases des grands projets (fondations, coffrage, charpente) vont se concentrer entre 2026 et 2028. Ce sont précisément les corps de métier de structure qui sont les plus difficiles à mobiliser rapidement en période de tension, avec des délais qui peuvent s’étirer si la demande dépasse l’offre régionale.

Comment les entrepreneurs de la Rive-Sud peuvent se préparer

Anticiper vaut mieux que réagir. Les entrepreneurs qui structurent dès maintenant leur stratégie de main-d’œuvre, en combinant capacité flexible sur les chantiers et recrutement stratégique des postes clés, prendront une longueur d’avance sur ceux qui attendront de manquer d’équipes.

Trois leviers sont particulièrement pertinents dans ce contexte :

  • Planifier sur 12 à 24 mois, plutôt que de chercher en urgence : une planification RH synchronisée avec le carnet de commandes évite les impasses au moment critique. La location de main-d’œuvre en construction permet d’ajuster les effectifs en continu, sans alourdir la masse salariale permanente.
  • Sécuriser une capacité flexible localement : pour des chantiers concentrés à Longueuil, disposer d’un partenaire capable de mobiliser rapidement des manœuvres et des ouvriers spécialisés sur la Rive-Sud fait toute la différence. C’est précisément l’objet de la location de main-d’œuvre à Longueuil.
  • Renforcer les postes stratégiques : contremaîtres, surintendants et chargés de projet sont les profils les plus difficiles à remplacer et les plus critiques pour livrer les projets dans les temps. Pour ces postes, une démarche structurée de chasseur de têtes en construction est plus efficace qu’un affichage traditionnel.

Pour aller plus loin sur la dynamique de main-d’œuvre à l’échelle du Québec, nos articles sur la pénurie de main-d’œuvre dans la construction et sur le Plan québécois des infrastructures 2025-2035 posent le décor macro dans lequel s’inscrivent les chantiers de Longueuil.

Un momentum à saisir pour l’industrie

Longueuil entre dans un cycle de développement d’une intensité rarement vue sur la Rive-Sud, tiré par le REM et un carnet de projets résidentiels majeurs. Les entrepreneurs qui structurent dès maintenant leur stratégie de main-d’œuvre, flexible pour les manœuvres et ciblée pour les cadres, transformeront ce contexte en avantage concurrentiel plutôt qu’en frein opérationnel.

Chez TEAM Main-d’œuvre, nous accompagnons les entreprises de construction dans cette anticipation. Que vous soyez en train de préparer les fondations d’une tour au centre-ville, de mobiliser une équipe pour Longue-Rive ou de recruter votre prochain surintendant, nous pouvons vous aider à sécuriser les ressources dont vous aurez besoin. Contactez notre équipe pour discuter de vos besoins spécifiques.